Puis éclata la 1ère guerre mondiale. Bonehill, étant d’ascendance anglaise, refusa d’aider les allemands et en représailles ils dynamitèrent tout le site industriel en 1916. A la fin de la guerre, Bonehill reçut en principe ( !) des dommages de guerre pour la reconstruction des usines. Mais il y eut pas mal d’anomalies lors de cette reconstruction (comme des pièces montées à l’envers) qui fit dire à certains plus tard qu’il pouvait s’agir d’un sabotage industriel. Même si c’est invérifiable, il est vrai de dire que le site de Hourpes était en concurrence avec le bassin houiller de Charleroi. De toute manière, dès 1921, une première crise s’annonça comme un peu partout, économique et financière. Pourtant, cette même année, Bonehill acheta des hectares de bois à la ville de Thuin en vue d’un agrandissement. De plus, 2 nouvelles industries voulurent s’implanter à Hourpes : la première fut le charbonnage construit par les houillères de Fontaine-l’Evêque en face des usines, sur l’autre rive de la
Sambre au bois d’Aulne, qui employa une quinzaine de mineurs. La seconde fut une usine installée par la « Société Générale des Fours à Coke » sur le site de Hourpes qui employa 35 ouvriers en vue de fabriquer du coke et sous-produits des charbons gras. Malheureusement, le 15 novembre 1926, la SA des usines Bonehill fut déclarée en faillite dont les causes peuvent être attribuées à des dommages de guerres non perçus, une grave crise économique et financière et une mauvaise reconstruction ou sabotage. De même, au charbonnage en face, on arrêta le puits (dit n°4) qui atteignait plus de 800 mètres de profondeur et le projet de galeries ainsi que celui de construire une cité ouvrières de 300 maisons furent abandonnés. Le dernier état des lieux à Hourpes était le suivant : des aciéries, 3 laminoirs comprenant 2 machines à vapeur, des fours à coke et des usines de récupération (avec une ancienne centrale électrique et un laboratoire) et une centrale électrique s’étendant sur 40ha. C’est pour finir la société « Evence Coppée & cie » qui racheta le site pour la somme de 6.080.000 FB de l’époque. A partir de 1936, le matériel des aciéries, laminoirs et la centrale électrique fut démonté et transféré en Irlande où, parait-il, il fonctionna même pendant toute la seconde guerre mondiale. 9 ha furent revendus aux usines métallurgiques du Hainaut à Couillet qui fit encore fonctionner pendant quelques années le ‘crassier’ pour la fabrication de briques, l’entretien des routes et l’incinération des déchets. En 1938, l’assiette des anciennes usines fut vendue aux charbonnages de Ressaix qui, après la 2ème guerre mondiale, revendirent les terrains et les maisons des 2 corons à des particuliers pour un prix modique. Ce fut surtout des ouvriers des charbonnages de la région qui emménagèrent et avant tout une population étrangère, des russes, polonais entre autres et surtout des italiens. Notons et soyons fier que l’entente cordiale qui a toujours régné parmi les différentes nationalités est un véritable exemple. Pendant la 2ème guerre mondiale, des tirailleurs Sénégalais dynamitèrent le pont de chemin de fer, ce qui obligea les habitants de la Mallavée à habiter l’autre coron. Vers 1960, ce coron de la Mallavée devenu insalubre fut rasé. Aussi quelques villas ou maisons furent construites ce qui fait qu’aujourd’hui le hameau possède une quarantaine de maisons. En 1979, la SNCB qui subissait une restructuration envisagea la suppression de l’arrêt à Hourpes, ce qui entraîna une pétition signée par tous les habitants car le train était – et est toujours – le seul moyen de transport qui passe par le hameau. 3 ans plus tard, un comité de quartier fut constitué, présidé par l’avocat Yves Heurion. Il permit notamment cette même année 1982 de faire stopper le déboisement et le déversage de terres illégal accordé par le nouveau propriétaire de terrains, un géomètre de Péronnes qui voulait réaménager le site de Hourpes. En 1999, lors des journées du patrimoine sur « 100 ans d’architecture moderne », une exposition fut tenue au château retraçant le passé sidérurgique du hameau. En 2001, un comité de quartier fut à nouveau constitué et l’année suivante, on décida de faire une fête annuelle à Hourpes le dernier week-end d’août. En 2005, les riverains se battirent pour que le traitement des boues prévu le long de la Sambre se fasse par un filtre-presse plus écologique. Le ministre Daerden donna son accord.